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Patrimoine historique

Très tôt dans l’histoire de l’humanité, des hommes s’établirent à Pujols, sur un plateau calcaire de 5 hectares, à 187 m d’altitude.
Cette situation exceptionnelle – vues imprenables sur les vallées du Lot au nord, et du Mail au sud – assurait une protection et une sécurité notoire.
D’ailleurs, le nom de Pujols vient du gallo-romain « Podiolus » (issu du latin podium : lieu élevé).

Conscients de cette forte position du lieu, les Gaulois puis les Romains occupèrent ce plateau. De là, ils contrôlaient une vaste portion de la vallée du Lot. Les Romains assurèrent la protection de la voie romaine, la «  Ténarèze », qui venait des Pyrénées via Auch, Agen, coupait le plateau à l’ouest et traversait le Lot.
L’importance de cette implantation romaine est confirmée par la découverte de quatre cimetières gallo-romains dans la vallée proche du bourg.

Aux Ve et VIe siècles, les invasions des Vandales, des Wisigoths, les incursions des Sarrasins et des Normands créèrent un état permanent d’insécurité. Les populations durent renforcer leurs positions ; ces premières fortifications furent structurées et une puissante forteresse s’éleva à l’extrémité du plateau nommée encore de nos jours, « Le Palay ».

À la fin du XIe siècle, Pujols était une des plus importantes places fortes de l’Agenais. Elle appartenait en fief à Raymond VI, comte de Toulouse, à titre de récompense pour services rendus à la cause catholique. Il fut pourtant le plus grand seigneur à défendre le catharisme. Alors que cette hérésie s’étendait sur la plus grande partie de l’Aquitaine et du Languedoc, le pape Innocent III déclencha la célèbre croisade dite « des Albigeois » en 1208. Ce fut un affrontement sanglant entre la noblesse du Midi, fidèle à Raymond VI et celle du Nord, conduite par Simon de Monfort, qui n’osa assiéger Pujols tant la forteresse était puissante ! La paix fut signée à Meaux en 1228. Mais, pour que le comte puisse réintégrer une partie de ses états, il dut céder trois places fortes de l’Agenais, dont Pujols. La citadelle fut entièrement rasée.

Ses habitants trouvèrent refuge dans la vallée du Lot, où en 1251, Alphonse de Poitiers leur permit de construire une bastide qui fut la «  Villa Nova de Poujols »… Aujourd’hui…Villeneuve-sur-Lot !

À la fin du XIIIe siècle, une nouvelle forteresse s’éleva à Pujols, dont le château fut édifié à l’est, à l’opposé de l’ancien qui, lui, était érigé à l’ouest.

Composée d’un groupe de 70 maisons, d’un château dont les tours étaient de 9 m de diamètre, les fossés profonds de 7 m, la citadelle imposait un obstacle de 15 m pour tout ennemi tenté par l’aventure. Après la Guerre de Cent ans, la baronnie devint une « Seigneurie de Dignité », et à ce titre, conférait à son seigneur, des droits et des privilèges exceptionnels !
Par exemple, les jugements étaient rendus sous l’autorité du baron. La baronnie disposait d’une prison, d’un pilori toujours présent rue principale, près de la maison du bailli (toujours présents, rue principale), et d’un gibet.


Au XVIe siècle, les guerres de religion, puis au XVIIe, celles de la Fronde, causèrent dans le pays, beaucoup de dévastations, de ruines et de misères.

Fidèle aux rois de France, Pujols fut parfois en lutte contre Villeneuve-sur-Lot, restée aux mains des rebelles. Au début de la révolution, Pujols fut promu chef-lieu de canton, comprenant cinq communes, mais perdit ce titre au profit de Villeneuve-sur-Lot.

Après la révolution, en 1824, le château abandonné par ses propriétaires, nécessitait des réparations considérées coûteuses. Le maire et le conseil municipal acceptèrent l’offre d’un entrepreneur : vendre les pierres pour réaliser une opération financière de 1800 francs or afin de pouvoir agrandir l’ancienne abbaye d’Eysses, devenue prison en 1803.

Ainsi, les remparts déjà démolis dès 1829, le château vendu vers 1830-1850, notre puissante forteresse n’était plus qu’illusion !

Récemment restauré, classé parmi « les plus beaux villages de France », Pujols tente de retrouver son lustre et son prestige d’antan…
 

Histoire d'un site stratégique...

Dès l’époque gauloise et romaine, la population se fixe sur l’éperon rocheux de Pujols. Plusieurs campagnes de fouilles ont permis de révéler la présence de plusieurs vestiges et cimetières attestant de l’importance du site.
Les sources mentionnent une place forte appartenant aux comtes de Toulouse dès le XIe siècle.
Pujols est un site défensif naturel, bâti sur un éperon calcaire, avec vue imprenable sur la vallée du Lot. Le bourg surplombe la rivière à 180 m d’altitude. Cette position garantit la sécurité du village et de ses habitants.

Durant la croisade contre les Albigeois (ou croisade contre les Cathares), le comte de Toulouse est défait à la bataille de Muret en 1213 contre Simon de Monfort, figure emblématique de la lutte contre l’hérésie, chef des croisés. Pujols est assiégée par les croisés et rasée. Une partie de la population migre alors vers le hameau d’Albrespic, futur « quartier » de la nouvelle bastide de Villeneuve-de-Pujols créée 1264.

Pujols commence à se relever de ses cendres au XIVe siècle, alors qu’en 1309, le seigneur de la ville donne aux habitants leur charte de coutumes, document qui régit la vie au sein de la cité.

Aujourd’hui il ne reste que les bases des anciens remparts ; les maisons à pans de bois ont été construites ultérieurement sur ces vestiges (notamment au XVIe siècle).


Les principaux monuments du patrimoine historique de Pujols

Vestiges du château
Il semblerait qu’un premier château fort existait déjà au XIIIe siècle ; il assura la défense du site contre les sièges des Normands et des seigneurs voisins.
Un second château fut construit un peu plus tard afin de se défendre contre les Anglais (Guerre de Cent ans - 1337 à 1453). Il est reconstruit pour protéger le bourg à l’est où le relief peu escarpé le rendait plus vulnérable. De forme rectangulaire, il était flanqué de quatre tours et de hautes murailles. Il a été en partie détruit au XIXe siècle. Les pierres du château ainsi que des remparts sont vendus alors aux entrepreneurs locaux pour la construction de la centrale d’Eysses.
On peut encore observer aujourd’hui quelques vestiges du château, notamment la tour nord/est.

Anciennes portes des remparts
Les fortifications entouraient le bourg. On compte encore trois accès dont deux portes actuellement : la porte du clocher Saint-Nicolas, celle des Anglais et l’accès anciennement porte de la Lère.

Église Saint-Nicolas (ancienne chapelle et collégiale)
A l’origine, cette église était la chapelle réservée aux seigneurs du château. Sa face nord était insérée dans la ligne des remparts, élément de l’enceinte fortifiée. Il semblerait que ses murs extérieurs étaient couronnés d’un chemin de ronde crénelé large de 2 mètres.
Au XVIe siècle, l’église prend le vocable de Saint Nicolas.
L’église actuelle date du XVIe siècle, elle est de style gothique flamboyant. Son architecture intérieure fait d’elle une des plus pures créations de ce style dans la région.

Les maisons à pans de bois de la rue de la citadelle
Dans la région, la succession de conflits (Croisade, Guerre de Cent Ans, Guerres de religion) a ravagé les villes. Il a donc fallu reconstruire les maisons à moindre coût. D’où des maisons à pans de bois datées du XVIe siècle à Pujols.

Généralement, le rez-de-chaussée de ces maisons était réservé à la boutique ou l’atelier, le premier étage servait de lieu de vie et le dernier étage de grenier, lieu de stockage.

Maison du Bailli
Le bailli était le représentant de l’autorité du roi ou du seigneur, chargé de faire appliquer la loi et de contrôler l’administration en son nom. À cette époque, le bailli ou sénéchal, représentant du roi, désignait les consuls, sorte de magistrat municipal (représentant des habitants) qui devait faire appliquer la charte des coutumes.

Cette maison date du XVe siècle. C’est la plus haute du village. Elle a été entièrement construite en pierre, contrairement aux autres maisons de la même époque construite en pans de bois. On peut observer les fenêtres à meneaux, caractéristiques de cette époque.

Église Sainte-Foy-la-Jeune
Cette église a été construite (fin XVe - début XVIe siècle) pour remplacer l’église Sainte-Foy-la-Vieille située dans la vallée (détruite au XIXe siècle). Son maître-autel a été consacré en 1597. L’édifice est vendu pendant la Révolution Française, puis réaffecté de 1795 à 1821.
L’église est de style gothique flamboyant.
Cet édifice est surtout remarquable pour les peintures murales qu’il détient.
Elles datent du XVIe siècle pour celles du chœur, de 1460/1480 pour celles de la chapelle nord, et sont classées monuments historiques.
C’est à la fin du XIXe siècle que ces peintures sont redécouvertes par l’abbé Gerbeau qui tente un début de restauration.
On y remarque des représentations de l’arbre de Jessé, du martyre de saint Blaise, du martyre de sainte Barbe… Mais aussi, l’Assomption de la Vierge, ou encore saint Georges terrassant le dragon.

Une litre funéraire, du XVIIe siècle, bandeau noir d’environ 50 cm de hauteur et agrémentée de blasons, fait le tour de l’édifice et recouvre les fresques. Ce motif héraldique qui pouvait se trouver autant dans une église paroissiale que dans une chapelle seigneuriale ou funéraire, était un privilège accordé aux personnes importantes lors de leurs funérailles. Lorsqu’un membre de la famille décédait, on peignait un blason.

Pour plus de précisions concernant les monuments pujolais, vous pouvez consulter la base de l’inventaire : http://www.culture.gouv.fr/culture/inventaire/patrimoine/

Restauration de l'Église Sainte-Foy-la-Jeune
Cliquer ici

L'Histoire de Sainte-Foy-la-Jeune

L'église Sainte-Foy-la-Jeune a été construite dans la première moitié du XVIe siècle suivant un plan en croix latine. Elle a été augmentée avant la fin du XVIe siècle de deux chapelles latérales bordant la nef.

Le maître-autel est consacré en 1597 par l'évêque d'Agen Nicolas de Villars, d'après l'authentique des reliques retrouvé en 1758.

Elle a été vendue à la Révolution. Elle est réaffectée entre 1795 à 1821. Elle sert ensuite de grange.

Les peintures murales, ou, plutôt, les dessins al seco, c'est-à-dire sur fond sec, datent de l'origine de l'église. Exécutées à la détrempe, ces peintures ont été appliquées sur un fond de lait de chaux. Elles ont probablement pour fonction l'éducation des fidèles de la paroisse Sainte-Foy qui devait recevoir des gens du petit peuple, gens pauvres et illettrés. La gamme de couleurs utilisée tourne autour du brun-rouge, du jaune pâle et de teintes dégradées entre le noir et le gris.

Le concile de Trente décida de recouvrir les peintures avec du plâtre. C'est à la fin du XIXe siècle que le curé Gerbeau, curé de Pujols, les découvre et les dégage.

Dans la chapelle de gauche en entrant, chapelle des fonts baptismaux, on peut voir un arbre de Jessé. À la base, le patriarche, assez effacé, à la base de l'arbre, les rameaux avec les patriarches, et la Vierge Marie, au sommet, tient l'Enfant Jésus. Sur le mur en face est représenté une Assomption de Marie, entourée de quatre anges, avec, en-dessous, des disciples agenouillés.

Sur le mur du fond, on voit saint Blaise mis en croix, à gauche de la fenêtre. Il est entouré de deux bourreaux. À droite de la fenêtre, on peut voir une enceinte avec six tours, une jeune personne penchée en avant, avec près d'elle un personnage barbu tenant un badelaire. Pour l'abbé Gerbeau, c'était une représentation du martyre de sainte Foy.

Dans le chœur pentagonal, seules quatre faces sont peintes. Sur les parois parallèles à l'axe de la nef, seule celle de gauche a conservé une peinture. Elle représente en son milieu le Christ en croix et de part et d'autre deux saints : à droite saint Martin partageant son manteau avec un pauvre. À gauche saint Georges chevauchant un destrier luttant contre le démon.

 Des phylactères portent les noms des rois issus du patriarche. Tous les personnages sont représentés à mi-corps, de trois quarts.

L’église Sainte Foy est classée «  Monument historique » par arrêté du 20 mars 1903.

SAINTE FOY RESTAURÉE

Après un an de fermeture, Sainte Foy nous montre aujourd'hui son" visage" d'antan.
De nombreuses équipes sous la direction de Mr Thouin, architecte des monuments historiques, ont travaillé sur ce chantier à commencer par sept restaurateurs issus de l'école italienne, dirigés par Mr Legrand. Ils ont fixé, nettoyé, analysé, repris quelques peintures juste pour assurer la lisibilité de l'oeuvre, dans le respect des peintures d'origine ( du XVe au XVIIIe siècle) ; l'entreprise de maçonnerie Boldini a travaillé les enduits à l'ancienne en harmonie avec les peintures murales; l'entreprise Lafon et la Manufacture de France  les éclairages permettant la mise en lumière des peintures comme le travail des artistes qui exposent aujourd'hui, l'entreprise de menuiserie Renaut et fils pour la remise en état des portes.
Désormais, la municipalité livre aux Pujolais, aux touristes, aux artistes un écrin dont nous sommes fiers.
Vous pouvez vous rendre compte de l'ampleur de ce travail de restauration grâce à cette visite virtuelle proposée par Philippe Lainé que nous remerçions chaleureusement

 

L’église du mail

Époques de construction :
XIIIe siècle ; XVe siècle ; XVIe siècle

Historique :
Edifice du XIIIe siècle remanié au XVe siècle à la silhouette traditionnelle avec son clocher-mur et son chevet en abside. L'intérêt de l'édifice réside, outre son ancienneté, dans son important décor peint partiellement dégagé, datant du début du XVIe siècle. Il se compose d'un Jugement Dernier associé à la figuration des Sept Péchés Capitaux dans la nef et d'une représentation de la Cène dans une chapelle latérale. Une sacristie a été élevée au XVIIIe siècle. Classée « Monument Historique » le 18/07/1996, elle est à ce jour en cours de restauration et reste fermée au public.

L'église Saint Nicolas

Construite au XVe siècle, elle faisait partie d'un système de fortifications qui défendaient la ville. Elle se compose d'une nef qui se termine, à l'est, par une abside polygonale. Les quatre travées de la nef et l'abside sont voûtées sur croisées d'ogives avec liernes et tiercerons. Deux chapelles latérales s'ouvrent sur la quatrième travée. Le clocher, tour carrée massive, accolé à l'extrémité de la nef, protège une porte de ville. Son rez-de-chaussée est sans communication directe avec l'intérieur de l'église. Un escalier à vis Saint-Gilles donne accès à ce clocher. Deux autres escaliers situés près des chapelles latérales, donnent accès aux tribunes ou loges du seigneur. Une de ces loges communiquait primitivement avec le château qui a été démoli au XIXe siècle.

Propriété de la commune, elle est inscrite au «  Monument Historique » en 1926 et classée en 1992.

 


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